La carte permet donc de visualiser l'évolution de la scolarisation primaire universelle dans la diversité et la dynamique des trajectoires de chaque pays. Elle montre notamment l'inégalité de parcours de pays tels que le Niger, le Burkina Faso, le Mali, … dont toutes les occurrences décennales se groupent dans le quadrant inférieur gauche du graphique contrastant avec la trajectoire mauritanienne, proche du profil de ces pays dans la décennie 80, mais s'en éloignant notablement dans les décennies 90 et au début des années 2000 par un effort remarquable de scolarisation dans le primaire.

La prééminence du taux d'alphabétisation des adultes corrélé positivement au taux net de scolarisation pourrait bien traduire la propension des parents alphabétisés à davantage scolariser leurs enfants. L'expansion des effectifs scolaires marquée par un accroissement de ce taux net de scolarisation pourrait résulter d'une amélioration historiquement repérable de cette alphabétisation pour un certain nombre de pays ayant participé, en cette matière, aux diverses expériences passées. Le taux d'alphabétisation des adultes apparaît donc comme un facteur important ayant permis à certains pays d'effectuer plus tôt leur "décollage" en matière de scolarisation primaire.
 
Si le taux net de scolarisation sous-estime la couverture scolaire et ne donne qu'une valeur moyenne, insuffisante pour décrire la vie d'apprentissage des élèves, le "taux de survie en 5ème année" fournit cette information complémentaire. Il permet d'évaluer un certain degré d'achèvement du cycle primaire nécessaire à la pérennisation de toute alphabétisation. Nous avons constaté qu'il n'y avait pas de liaison évidente entre ces deux indicateurs. Le contre exemple de la Guinée équatoriale du début des années 2000 suggère que le taux net de solarisation doit être couplé avec un taux satisfaisant de survie en fin de cycle pour effectivement améliorer le taux à venir d'alphabétisation.
 
Évaluer la progression de la scolarisation primaire universelle a rendu bien évidemment nécessaire l'élaboration d'indicateurs de suivi. Des critiques ont déjà été exprimées quant à la pertinence des indicateurs retenus. Il semble aujourd'hui que la notion de "profil de scolarisation" incluant à la fois taux d'accès et taux d'achèvement de cycle autorise une évaluation plus adaptée des progrès accomplis et surtout de ce qui reste à accomplir.

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